1 avril 2007

Kafka sur le rivage. Haruki Murakami


"Autrefois, les êtres humains ne naissaient pas homme ou femme, mais homme/homme, homme/femme ou femme/femme. Autrement dit, il fallait deux personnes d'aujourd'hui pour en faire une seule. Tout le monde était satisfait comme ça, et la vie se déroulait paisiblement. Mais Dieu a pris une épée et a coupé tous les êtres en deux bien nettement, par le milieu. Résultat : il y a eu des hommes et des femmes, et les gens se sont mis à courir dans tous les sens toute leur vie à la recherche de leur moitié perdue."

"C'est l'histoire de deux guerriers qui se lient d'amitié et se jurent une fidélité fraternelle - un lien très important pour les samouraïs parce que être frères signifie être prêt à sacrifier sa vie pour l'autre. Les deux amis étaient chacun au service d'un seigneur différent. L'un d'eux écrivit à l'autre qu'il lui rendrait visite au moment de la floraison des chrysanthèmes, quoi qu'il advienne. L'ami répondit qu'il attendrait. Mais le premier se trouva pris dans un conflit de son fief, et fut mis aux arrêts par son seigneur. Il ne pouvait plus ni sortir ni même envoyer de lettre à l'extérieur. L'été s'acheva, l'automne vint, et avec lui la saison de la floraison des chrysanthèmes. Le samouraï ne pouvait honorer sa promesse. Or, pour un samouraï, une promesse est la chose la plus importante qui soit. Son honneur compte plus que sa propre vie. Le samouraï se fit donc hara-kiri et, devenu un esprit, parcourut les mille li qui le séparaient de la demeure de son ami. Ils parlèrent tout leur content en contemplant les chrysanthèmes, puis l'esprit disparut de la surface de la terre."

"Ce que Tchekhov voulait dire, c'est que la nécessité est un concept indépendant. La nécessité a une structure différente de la logique, de la morale ou de la signification. Sa fonction repose entièrement sur le rôle. Ce qui n'est pas indispensable n'a pas besoin d'exister. Ce qui a un rôle à jouer doit exister. C'est cela la dramaturgie."

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Mlle Saeki : "Ni toi ni moi ne sommes des métaphores.

Kafka : Je sais. Mais les métaphores permettent de réduire la distance qui nous sépare, vous et moi.

Elle sourit, la tête levée vers moi.

Mlle Saeki : C'est la phrase la plus étrange qu'un homme m'ait dite pour me séduire."

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Oshima : "Ce sac à dos est le symbole de ta liberté, non ? dit-il.

Kafka : Peut-être.

Oshima : Posséder un objet qui symbolise sa liberté peut rendre un homme plus heureux que la liberté elle-même."

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"J'ai l'impression d'être au bon endroit. Je ne me pose pas la question de savoir qui je suis au côté de Nakata. C'est sans doute exagéré, mais je me dis que les disciples du Bouddha ou du Christ devaient ressentir la même chose. Ils devaient penser : "Quand je suis avec Bouddha, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens bien." C'est pour cette raison qu'ils sont devenus ses disciples, avant de se poser des questions compliquées sur la Doctrine ou la Vérité."

"Les souvenirs, c'est quelque chose qui vous réchauffe de l'intérieur. Et qui vous déchire le coeur en même temps."

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Oui, probablement il est donc