13 septembre 2007
Le Potager Magique. Maître Botanicus
31 août 2007
Un aller simple. Didier van Cauwelaert

"Le jour où la Commission est venue à Vallon-Fleuri, ça s'est très bien passé. On a été gentils, on lui a offert le pastis pour calmer l'état de choc, parce qu'elle arrivait de chez les Comoriens de la Basse-Robière où elle avait reçu un frigo par la fenêtre. Un peu de musique, jazz manouche, flamenco, Gipsy Kings, et les nerfs se sont détendus. La Commission nous a remerciés de notre accueil. Elle a emporté les paniers que les enfants lui montraient, en croyant que c'était des cadeaux. Après, elle a déclaré aux actualités que les " Bohémiens " se sentaient mal intégrés dans leurs roulottes, et que toutes leurs difficultés venaient de là. Forcément, quand on ne connaît pas. A la place du hameau en ruine qu'on utilisait comme atelier de mécanique, ils nous ont bâti des maisons Bouygues.
On a été très contents. On les a laissés construire, sans voler de ciment sur le chantier, comme c'était pour nous et qu'on était pressés qu'ils terminent. Après les dernières finitions, ils sont revenus avec le préfet, la télé et le monsieur de chez Bouygues, pour nous remettre officiellement les clés : il n'y avait déjà plus de serrures. Il n'y avait plus de portes non plus, d'ailleurs, ni de fenêtres, ni d'éviers, ni de chiottes ; on avait tout désossé et revendu au détail. Il restait les tuiles, qu'on gardait pour l'hiver : les prix seraient plus hauts. Le monsieur de chez Bouygues tirait une tronche de déterré, et il a fait partir la télé, et le préfet ne savait plus où se mettre. Mais on était contents des pavillons, quand même, fallait pas croire : c'était joli, comme vue, par la fenêtre des caravanes. Ca faisait environnement, on disait pour les flatter. On a répété nos félicitations et je vous en prie, le buffet est ouvert.
Ils n'ont rien bu du vin d'honneur qu'on leur avait préparé, avec des produits de chez eux pour leur rendre hommage, piqués spécialement au dépôt Fauchon de Marignane. On est restés tout bêtes après leur départ, avec nos tonnes d'oeufs en gelée et de quiches au saumon. On s'est forcés à manger, mais on était déçus."
27 août 2007
Model - 2. Marie. Lee So Young

Le vampire Muriel accueille la jeune peintre Jiyae dans sa demeure afin qu'elle réalise le portrait de l'ancien artiste, devenu mort-vivant...
Jiyae : C'était donc cela... la signification de cette petite fête ? (Reste calme) Elles ont payé de leur vie ce tableau. (Surtout reste calme) Ainsi...
Muriel : Tss, ne te méprends pas. Evidemment mes honoraires ne sont pas donnés. Mais je n'ai jamais pris la vie de quiconque pour le prix de mes services. Je suis un messager, et non un assassin. Ces trois femmes étaient loin d'être fortunées. C'est pour cela que j'ai accepté leur sang en guise de paiement.
Jiyae : Mais alors...
Muriel : Elles se sont données la mort. Qu'il s'agisse d'un accident ou d'un suicide, les circonstances de la mort de mes clients ne me regardent pas. Même si je savais que ces femmes avaient l'intention de se suicider, je n'avais pas le droit d'intervenir. Ce n'est pas le rôle d'un peintre. Et qui viendrait m'accuser de non-assistance à personne en danger ? Ha ha ! Ha ha ha...
Jiyae : (Je sens mon coeur se serrer. Son rire me fait mal. Je crois qu'à partir d'aujourd'hui, je vais pouvoir commencer son portrait. Ce rire si triste... sera le point de départ de mon inspiration)